3 et 4 juin : Sommet de l'OTAN à Bruxelles. Le ministre français de la Défense siège à nouveau au sein du Conseil des ministres de l'organisation, en contrepartie le sommet reconnaît l'existence d'une « identité européenne de défense » au sein de l'Alliance. Cependant le Président Jacques Chirac n'obtient pas que le commandement du Sud-Méditerranée soit confié à un officier français.
24 septembre : Ouverture des négociations sur le CTBT (Comprehensive Nuclear Test Ban Treaty), signé le jour même par les cinq puissances nucléaires déclarées. ce traité ne rentrera en vigueur que si 44 nations nommément désignées le signent et le ratifient.
27 mars : Un commando d'islamistes du GIA enlève sept moines trappistes français après l'attaque du monastère de Tibéhirine dans l'Atlas algérien dans la nuit du 26 au 27 mars. Deux autres moines ont pu se cacher.
26 avril : Le GIA revendique l'enlèvement des sept moines du monastère de Tibéhirine et propose à la France la libération des moines contre des prisonniers islamistes.
21 mai : Le GIA annonce l'exécution des sept moines trappistes du monastère de Tibéhirine. Leurs têtes coupées seront retrouvées dix jours plus tard.
1er août : L'évêque d'Oran (Algérie), Mgr Pierre Claverie, 58 ans, est tué dans sa voiture, détruite par une bombe devant la porte de l'évêché.
17 avril, Brésil, de violents affrontements éclatent entre les propriétaires terriens et les sans-terre à Eldorado de Carajas. Dix-neuf paysans paysans sont tués. Le 18 décembre, le président Fernando Henrique Cardoso fait redistribuer 1000 km² de terres de riches domaines privés pour les donner à plus de 3600 familles pauvres, et autorise la reprise de terres attribuées aux Indiens[2].
29 décembre : Accords de paix mettant fin à la guerre civile au Guatemala. On estime que près de 150 000 personnes, en grande partie des Mayas, ont trouvé la mort dans la guerre civile depuis trente-six ans. L’injustice sociale reste manifeste, seulement le cinquantième des propriétaires détenant les trois cinquième des terres cultivables.
4 avril : US Farm Bill. Loi mettant un terme à la régulation de la production agricole[4].
9 avril : Item Veto pour le Président à partir de 1997.
24 avril : Loi anti-terroriste qui autorise l’expulsion de tout émigré ayant été condamné une fois pour crime. Décret sur le crime, qui étend la peine de mort à toute une série de crimes et affecte 8 milliards de dollars à la construction de prisons.
8 août, Cambodge : Le dirigeant Khmer rouge [Ieng Sary] se rallie au régime de Phnom Penh[6]. Les Khmers rouges se divisent en deux factions, l’une pacifiste et l’autre belliqueuse. Des milliers de rebelles se rangent aux côtés du gouvernement, tandis que les autres, menés par Pol Pot, se regroupent au nord du pays.
26 septembre, Afghanistan : entrée des talibans (« étudiants islamistes ») à Kaboul, le nord du pays résiste encore. Le pays est plus partagé que jamais entre les différentes milices armées qui en tiennent chacune une partie.
2 septembre : arrêt du conflit avec le plus grand groupe de sécessionnistes musulmans dans le sud des Philippines (plus de 100 000 morts depuis vingt-cinq ans) : accord de paix avec le Front de libération national Moro (FLNM)[7]. Pourparlers au début de l’année 1997 avec une plus petite faction.
10 avril : Déclenchement de l'opération Raisins de la colère par les Israéliens au Sud Liban, en réaction aux tirs de roquettes du Hezbollah. Elle vise les infrastructures économiques mais provoque des pertes civiles. Les populations du sud fuient vers le nord.
18 avril : Bombardement de Cana. Un bombardement israélien sur un camp de la FINUL fait 102 morts civils au Liban et des centaines de blessés.
26 avril : Un cessez-le-feu est obtenu au Sud Liban grâce à une médiation franco-américaine. Des comités de surveillance sont mis en place.
29 mai : Victoire du Likoud lors des élections à la Knesset. Son chef Benyamin Netanyahou est le nouveau Premier ministre, en remplacement du travailliste Shimon Peres. Il critique l’action de ses prédécesseurs travaillistes et met l’accent sur la sécurité d’Israël ; il donne le feu vert à l’extension des colonies juives en Cisjordanie et pose des conditions telles que les discussions sur l’avenir de l’autonomie de la Palestine sont bloquées.
20 mai : La résolution « pétrole contre nourriture » est accepté par l’Irak[9] et entre en application à la fin de l’année. Elle contribue à apporter un mieux aux populations, mais les besoins vitaux sont loin d’être satisfaits.
23 juin : Devant le programme de Benyamin Netanyahou, les Etats arabes se réunissent au Caire et rappellent les principes de la paix (« paix contre la terre ») et demande le respect des engagements pris. Netannyahou estime cette prise de position comme une provocation et du « diktat ». La colonisation reprend durant l’été.
25 juin : Un attentat visant la base aérienne de Khobar tue 19 Américains. L’enquête s’oriente vers le milliardaire islamiste Ben Laden, privé de la nationalité saoudienne en 1994 et réfugié en Afghanistan.
28 juin : Gouvernement de Necmettin Erbakan en Turquie. L’armée turque fait pression pour obtenir la démission du ministère dirigé par un islamiste.
Juillet, Syrie : Les jeunes de moins de 15 ans représentent 47% de la population. 70% des plus 15 ans sont alphabétisés.
17 août : Nouveaux affrontements sanglants au Kurdistan irakien[10]. Le PDK de Massoud Barzani décide de faire alliance avec Saddam Hussein. L’armée irakienne occupe la plus grande partie du territoire kurde. L’opposition doit évacuer la région. Les Etats-Unis répondent par de nouvelles frappes aériennes et étendent, sans mandat de l’ONU, les zones d’exclusion aérienne au sud de l’Irak.
18 août-[15 septembre] : Élections législatives au Liban, qui consacrent un net pluralisme politique[11].
24 septembre : Le creusement d’un tunnel à vocation touristique près de l’esplanade des mosquées provoque une explosion de colère (81 morts dont 65 Palestiniens). Les territoires occupés sont immédiatement fermés.
12 octobre, Kurdistan irakien : L’UPK, soutenue par l’Iran, contre attaque et reprend une partie du terrain perdu[12]. Une nouvelle trêve est conclue le 31 octobre. Les années suivantes sont marquées par une alternance d’affrontements et de cessez-le-feu, ponctués d’incursions militaires turques.
La Syrie accuse la Turquie d’avoir organisé des attentats terroristes sur son territoire. Il s’ensuit une tension militaire sur la frontière.
Égypte : Les réformes économiques reprennent à l’automne et sont accompagnées de nouvelles annulations de la dette. L’économie connaît une nette reprise avec une diminution de l’inflation et le redémarrage de la croissance. Le pays s’ouvre aux investissements étrangers et accélère les privatisations.
La crise financière en Arabie saoudite est endiguée au prix de la stagnation du revenu national.
29 janvier : Incendie du célèbre théâtre vénitien, le Fenice, un des hauts lieux de l'art lyrique mondial.
Janvier : La majorité gouvernementale est réduite à un siège au Royaume-Uni.
9 février : Attentat de l'IRA à Londres (deux morts) mettant fin à 17 mois de cessez-le-feu.
Reprise des opérations par l’IRA, qui refuse les conditions préalable à la paix posées par John Major en janvier : désarmement total des groupes paramilitaires et organisation d’élections en Ulster. Les négociations sur le statut de l’Ulster reprennent en juin, mais John Major réclame toujours l’arrêt des attentats de l’IRA pour que le Sinn Féin soit admis à la table des négociations.
Juin : l’Ukraine renonce aux stocks d’ogives nucléaires entreposés sur son sol au profit de la Russie.
16 juin : à l’issue du premier tour de l’élection présidentielle en Russie, Boris Eltsine recueille 34,8% des voix, talonné par Guennadi Ziouganov, le leader communiste, qui obtient 32,1% des suffrages, tandis que le général Alexandre Lebed, autrefois sanctionné pour avoir vigoureusement exprimé son opposition à la guerre en Tchétchénie, atteint 14,7 % score faisant de lui l’arbitre du second tour. Boris Eltsine fait alliance avec Lebed en le nommant secrétaire du Conseil de sécurité.
3 juillet : réélection de Boris Eltsine comme président de la fédération de Russie (53 % des voix) contre 40 % à son adversaire le communiste Ziouganov.
31 août : accord de paix en Tchétchénie. Le général Lebed obtient le retrait des troupes russes, la solution du statut définitif de la Tchétchénie étant remise à plus tard. La guerre a fait d’énormes destructions et plus de 30 000 morts.
14 septembre : Les trois partis nationalistes (croate, serbe et bosniaque) remportent les élections en Bosnie-Herzégovine au détriment des fédéralistes : Serbes, Musulmans et Croates entendent conserver chacun une zone ethnique homogène. Les institutions confédérales ne peuvent fonctionner.
21 septembre : « Pacte de stabilité » européen, par lequel les pays candidats à la monnaie unique s'engagent à respecter une discipline monétaire rigoureuse.
L’Espagne et la France entrent dans la structure militaire de l’Alliance Atlantique.
Privatisation des compagnies nationales de télécommunication en Allemagne.
Commémoration du onzième centenaire de la Hongrie.
Mesures de redressement des finances publiques en Italie.
La chute de la production en Russie atteint son point le plus bas. En août, la très forte dévaluation du rouble freine les importations et permet aux entreprises russes de retrouver des parts de marché intérieur. Un système bancaire et un début de marché des capitaux se mettent en place.
Le président ouzbekIslom Karimov reconnaît des abus de son gouvernement et libère les opposants. Il prend ses distances vis-à-vis des projets d’union douanière avec la Russie, refusant toute « mentalité de bloc ».